Mon goût du noir

Mon goût du noir

Mon goût du noir

J’avais été sollicitée par Gilles Menegaldo et Maryse Petit, deux universitaires spécialistes de la littérature noire, pour clôturer un livre très savant sur les déclinaisons et extensions du noir dans la littérature au-delà des limites du genre et dans les autres champs de création (cinéma, bandes dessinées, romans graphiques). Le goût du noir dans la fiction policière contemporaine est une véritable somme, réunissant de nombreux universitaires dont les travaux explorent ces différents domaines. Ce livre, publié fin 2021 est issu d’un colloque organisé en 2013 à Cerisy.

J’avais le plus grand mal à me situer sur le même terrain : manque de culture et manque de recul. Pour moi, « le goût du Noir » est une aventure personnelle. D’où mon choix de raconter mon goût du noir.

Ce texte peut être téléchargé ici

Au miroir de l’histoire – Revue 813

Au miroir de l’histoire – Revue 813

Au miroir de l’histoire – Revue 813

La Revue 813 a demandé à François Muratet, auteur d’un excellent roman sur la guerre d’Algérie, Tu dormiras quand tu seras mort (Joëlle Losfeld)  de m’interroger sur mon dernier livre, Marseille 73. Il m’incite à expliciter les racines historiques de mon récit et à approfondir les relations entre fiction et histoire. 

Dal mississippi al Po

Dal mississippi al Po

Dal mississippi al Po

Je viens de recevoir un beau livre de souvenirs. Ceux d’un festival  italien tout à fait passionnant, où public, musiciens et écrivains se rencontrent, discutent, qu’ils viennent des rives du Mississippi ou de celles du Po. Le bouquin recueille des photos et des  textes, d’auteurs ou de musicos.
J’avais été invitée pour l’édition de 2009, qui se déroulait à Piacenza. Les organisateurs m’avaient demandé un texte. Il a été publié dans le livre. Le voici.

Le commissaire Daquin, l’un de mes personnages auquel je tiens, mène ses enquêtes comme j’écris mes romans. Aux moments stratégiques, il écoute de la musique pour s’aider à penser. Pas n’importe laquelle. Pratiquement toujours du jazz. Et pas n’importe quel jazz.
Dans « À nos chevaux » (« Il bicchiere della stafa » dans l’édition italienne), il commence par glaner une masse d’informations. Puis s’arrête. Il faut mettre en forme, avec précision, rythme et dynamisme :
« Daquin, rasé de près, en peignoir éponge, boit un café à demi allongé sur le canapé. Sonny Rollins, pour mettre du rythme, et pensée en roue libre. Faire le point sur la situation. Pas facile. Enquête interne : sans importance, de la gesticulation. Mais les photos… Mais le meurtre de Michel… Si je ne parviens pas à déboucher, je n’ai plus qu’à quitter définitivement la maison…
Se lève, se fait un café, et reprend la position allongée.
Reprenons. Romero, Lavorel, et le Martien aussi. Avec eux, un point d’impact possible, l’histoire du chauffeur. Ça, c’est solide, il faut trouver simplement le bon moment pour la mettre en route. Mon meilleur atout. Et puis Agathe Renouard. Arrivé à ce point, Sonny Rollins ne peut plus convenir. Daquin met Thelonius Monk, en concert à Londres, et s’enfonce de nouveau dans le canapé. Extraordinaire Monk, dissonante Agathe… Elle est sûre d’elle, et elle a peur de moi. Pourquoi ? Utiliser cette peur ? Daquin revoit Agathe qui se penche, buste en avant, sourire séducteur, voix rauque. Cette femme tient debout. Si j’essaye de passer en force, elle résistera, et l’issue est incertaine. Michel, bien sûr Michel. Elle est à moi. Daquin monte s’habiller. »
Le son de Monk, son toucher du piano si particulier produisent l’idée de dissonance. Dissonante Agathe, forte et elle a une faille. Michel. Elle est à moi.
La musique aide à penser, aide à écrire. 

40 bulles de jazz

40 bulles de jazz

40 bulles de jazz

 J’ai été sollicitée, au début 2021, pour participer à une initiative, sous forme d’exposition,  du Festival Jazz à Vienne.

Depuis une dizaine d’années, indiquait le programme de l’exposition,

le Festival Jazz à Vienne fait dialoguer jazz et bande dessinée dans le cadre de son événement « Traits de Jazz » en partenariat avec JML Arts et la librairie Bulles de Vienne. En 2021, pour célébrer son 40e anniversaire, le Festival a souhaité organiser avec le commissaire Jean-Marc Lonjon, une exposition intitulée « 40 Bulles de Jazz ».Ce projet exceptionnel composé d’œuvres originales, propose un tour d’horizon éclectique des travaux de 40 dessinatrices et dessinateurs qui incarnent la bande dessinée contemporaine (…)
« 40 Bulles de Jazz » fait la part belle au dessin, prétexte même de cette exposition. Mais la bande dessinée ne serait pas le 9e art sans le texte. En écho aux propositions des dessinateurs, 40 écrivains, journalistes ou artistes de renom se sont prêtés au jeu et ont sorti leur plume évoquant leur « coup de cœur », décrivant leur ressenti sur le dessin et/ou sur l’œuvre de l’artiste.

L’exposition s’est déroulée du 10 juin au 11 juillet 2021 au Musée Saint-Romain-en-Gal à Vienne.
Pour ma part, j’ai été fortement intéressée par un dessin de George Shelton. Voici mon texte sur son dessin.

Les Fabuleux Freak Brothers ont, évidement le regard halluciné. C’est normal. Tout au long de leur existence, depuis les années 68, leur principale occupation a été de se procurer des drogues sans se faire coxer par les flics. Une quinzaine d’albums ont illustré leurs exploits, totalement déjantés, où ils se moquent des politiciens de droite, de la police, et bien sûr d’eux-mêmes.

Ils ont été une des principales références du comix, de la BD underground.

Gilbert Shelton a souvent joué du piano et chanté lui-même, il y a quelques années à Paris avec les Blum Brothers. Il connaît la musique.

Sur son dessin, les Freak Brothers jouent aussi de la musique. Musique post ou pré cannabis ? Va savoir ! Ils ont en tous cas une conception joyeuse de leur interprétation. Freewheelin’ Franklin à la guitare, Fat Freddy au soubassophone, dont le pavillon domine et organise le dessin et Phineas à la clarinette nous exécutent une marche ou un morceau de New Orleans. Leur pas est dynamique. Ils laissent à l’arrière-plan les autres musicos, On a envie de marcher en rythme avec eux.

Le très beau catalogue, qui reprend l’ensemble des dessins et contributions écrites peut se commander chez JMl Arts

Interview à El Watan

Interview à El Watan

Interview à El Watan

Au moment de la parution de Marseille 73, j’avais été contactée par une journaliste du quotidien algérien El Watan. Un article avait été consacré à ce bouquin. Cette année le journal m’a demandé une interview à l’occasion du soixantième anniversaire du massacre du 17 octobre 1961. On peut me lire ci-dessous ou le télécharger ici.