Prix Polar en séries pour Racket

Prix Polar en séries pour Racket

 

Racket a reçu le prix Polar en séries lors du dernier Quai du Polar à Lyon. J’en suis d’autant plus honorée que son jury est composé de professionnels. Je les remercie sincèrement.

Le jury :

  • Michel ABOUCHAHLA, Président d’Écran Total
  • Marine FRANCOU, Scénariste, Directrice d’écriture de la série Engrenages Saison 7 et 8
  • Carole LE BERRE, Conseillère de programmes, Unité fiction, France Télévision
  • Judith LOUIS, Productrice, consultante, L’Ile Clavel
  • Véra PELTEKIAN, Responsable de projet Fiction, en charge des relations avec les talents, Canal Plus
  • Franck PHILIPPON, Scénariste et producteur
  • Pierre SERISIER, Journaliste, auteur d’essais sur les séries télé et membre de l’A.C.S. (Association des Critiques de Séries)
  • Stéphane STRANO, Producteur chez De Caelis Production et président du Festival de la Rochelle

 

De quoi Alstom est-il le nom ?

De quoi Alstom est-il le nom ?

Cette semaine, un cadre dirigeant d’Alstom, qui a été détenu pendant deux ans aux Etats Unis pendant les négociations de rachat de la société française Alstom Energie par l’Américain General Electric, témoigne dans un livre, « Le piège Américain », de la façon dont l’entreprise américaine a racketté l’entreprise française. Dans la foulée, l’ex président de la commission parlementaire de l’Assemblée Nationale sur « les décisions de l’État en matière de politique industrielle », concernant notamment Alstom, signale à la justice qu’à l’occasion de ce rachat, un possible « pacte de corruption » a pu impliquer le ministre de l’économie de l’époque, devenu depuis président de la république. Deux très importants articles dans le journal Le Monde. Puis, plus rien dans les médias. Silence. Serait-ce que Macron est bien protégé ? C’est plus grave que cela. L’affaire Alstom est un révélateur de l’état dans lequel se trouve la démocratie française. Je m’explique.
Premier acte. Au début des années 2010, l’entreprise est accusée par la justice américaine de pratiques douteuses en Indonésie. En 2013 un de ses dirigeants, Frédéric Pierucci, est arrêté aux Etats Unis, mis en prison. L’objectif de la justice américaine est clair dès ce moment : par la menace, les pressions, obtenir la vente d’Alstom à GE. Le gouvernement, l’Assemblée Nationale en sont-ils officiellement informés ? Leur avis a-t-il été sollicité ? Alors qu’Alstom Énergie est une pièce maitresse de notre industrie nucléaire et, entre autres, de la maitrise de notre marine militaire (sous marins et porte avions), alors que l’Etat a sauvé l’entreprise quelques années plus tôt, et continue à la soutenir ? Absolument pas. L’information circule dans certains réseaux opaques, qui prennent des décisions secrètes dont ils ne rendront jamais de comptes. Dans une affaire qui met en jeu l’avenir énergétique du pays, et son indépendance militaire, les instances politiques et gouvernementales régulières ont été totalement hors jeu.
Deuxième acte. Le chantage de la justice américaine a été efficace parce qu’il a pu s’appuyer sur des relais dans l’entreprise et dans la haute administration. Il existe des institutions, agences, commissions dites indépendantes chargées d’assurer le contrôle d’un bon fonctionnement de la vie économique, le respect de la déontologie et de lutter contre la corruption. Ont elles rempli leur rôle ?
Dans le cours de l’opération, le PDG d’Alstom diffuse à la presse une information sur les très grandes difficultés de trésorerie de l’entreprise qui est, dit il, à cours de cash. Sans surprise, l’action s’effondre en bourse, ce qui facilite les manœuvres de GE. L’information est fausse, le PDG le sait, le bilan officiel de l’entreprise le montrera. Ce type de manœuvre tombe donc sous le coup de la loi. Il existe une Autorité des Marchés Financiers chargée en principe de faire respecter la loi. Est elle intervenue pour bloquer la manœuvre ou sanctionner le PDG d’Alstom ? Je n’ai pas trouvé trace d’une telle intervention.
Autre manquement. Il existe une Agence des Participations de l’Etat, qui gère les avoirs de l’Etat dans les entreprises. Son patron est un très haut fonctionnaire (avec un très haut salaire), qui dans le cas d’Alstom a été informé très tôt (2012, la vente sera effective en 2015) des appétits de GE, et a largement donné son avis en coulisse, dans les réseaux obscurs dont on parlait plus haut. Dès l’affaire conclue, il démissionne de son poste en cours de mandat, et va prendre un poste de direction dans Bank of America, une des banques impliquées dans le rachat d’Alstom. Ce comportement n’est pas conforme aux règles de déontologie de la Fonction Publique qui imposent des délais de plusieurs années pour se faire embaucher dans des entreprises avec lesquelles on a traité comme fonctionnaire, pour éviter les risques de corruption. Et une Commission de déontologie de la Fonction Publique est chargée de faire respecter ces règles. Va-t-elle intervenir pour interdire au directeur de l’APE de prendre son nouveau poste ? Elle lui signale le problème, il suggère alors de faire endosser son embauche non directement par Bank of America, mais par une filiale de la banque, Merrill Lynch, pour que ce soit moins voyant. Et la commission s’estime satisfaite.
Parlement et gouvernement hors jeu, institutions de contrôle défaillantes, de quoi Alstom est il le nom ?
Consanguinité, soucis de carrières faites d’incessants allers-retours public-privé, porosité aux pressions des entreprises et des lobbys, nous sommes sur la voie de la république bananière, mais en costume cravate, question de standing.

Discussion avec Eva Joly

Discussion avec Eva Joly

Jeudi 5 juillet 2018
À la librairie Les Arènes (27 rue Jacob), rencontre Dominique Manotti – Eva Joly, animée par Sonia Devillers (journaliste à France Inter).
À partir de leurs romans, Racket (DM) et French Uranium (EJ), échanges sur la fabrique du roman (le vrai du faux), les fonctions du roman, démocratie et culture. Et l’extra-territorialité de la justice américaine…
Bonnes vacances à tous.

Kesseltreiben

Kesseltreiben

 

  Racket a été traduit en allemand par Iris Konopik et publié chez Ariadne (Argument Verlag). Mai 2018.

Entreprises : le modèle mafieux

Entreprises : le modèle mafieux

« Au titre de nos responsabilités, nous avons en permanence un pied en prison. » (Mathias Müller, PDG de VW)

Samedi 24 mars 2018, une dépêche de l’AFP nous informe que le patron de Volkswagen, Mathias Müller, touche un salaire annuel de dix millions d’euros en 2017, et le trouve tout à fait justifié, compte tenu des risques permanents qu’il court d’aller en prison, en tant que dirigeant de l’entreprise. Il dit, texto : « Au titre de nos responsabilités, nous avons en permanence un pied en prison. »
J’ai relu deux fois la dépêche, je n’en croyais pas mes yeux. D’habitude, les grands patrons justifient leur rémunération en se comparant aux footballeurs, mais là, ils ont compris qu’ils avaient perdu la partie. Mais se comparer aux chefs mafieux, dont la comptabilité provisionne effectivement de l’argent pour couvrir le risque prison, c’est une première. Quel aveu, monsieur Müller… Les mafias provisionnent aussi l’aide aux familles de prisonniers, n’oubliez pas l’aide aux familles, monsieur Müller…
Quand je pense que certains de mes lecteurs trouvent que j’exagère en décrivant le monde des affaires comme un monde de truands, convaincus maintenant ?
Lisez Racket.

 
 

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Le rêve de Madoff (à Pantin)

Le rêve de Madoff (à Pantin)

 

Le rêve de Madoff sera porté en scène le 10 février 2017 à 19H00, à Pantin, au Relais, 61 Rue Victor Hugo. Cette interprétation théâtrale est mise en scène par Jean-Marie Thiedey et interprétée par Jean de Coninck.
La représentation sera suivie d’un débat. Dîner possible sur place.

Scénario noir

Scénario noir

 

Le festival du film de Rotterdam s’est déroulé du 25 janvier au 5 février 2017. Dans son programme, il y avait une sélection qui rendait hommage au film noir français, avec une forte présence d’Eric Valette (Une affaire d’Etat et Le serpent aux mille coupures) et de Frédéric Schoendoerffer (Agents secrets et Le convoi). Dans une table ronde avec ces deux cinéastes, Olivier Panchol et moi même, nous avons longuement célébré les liens entre la littérature et le cinéma noirs. Mais j’ai été frappée par le constat pessimiste des cinéastes. Ils pensent tous les trois qu’il est de plus en plus difficile de trouver des moyens pour faire un film noir. Producteurs et distributeurs sont frileux, parce que le public et la critique  ne suivraient plus. La discussion est ouverte.

Pourquoi je soutiens les lanceurs d’alerte des Luxleaks

Pourquoi je soutiens les lanceurs d’alerte des Luxleaks

Le 12 décembre 2016 se tiendra au Luxembourg le procès en appel d’Antoine Deltour et Raphaël Halet, les deux  lanceurs d’alerte du scandale Luxleaks et Edouard Perrin, le journaliste qui a révélé l’affaire.

A l’issue du premier procès Luxleaks qui s’est tenu, du 26 avril au 4 mai 2016 au Luxembourg, Antoine Deltour et Raphaël Halet ont été condamnés respectivement à 12 et 9 mois de prison avec sursis et 1500 et 1000 euros d’amende. Ils ont annoncé immédiatement leur décision de faire appel. Edouard Perrin a été acquitté mais le parquet luxembourgeois a décidé lui aussi de faire appel. Ils seront tous les trois rejugés.

Je soutiens les lanceurs d’alerte des Luxleaks. 

Parce que les multinationales et les grands groupes financiers sont aujourd’hui à l’attaque.

Parce que face à eux, les Etats sont impuissants ou complices. Ils les laissent spolier et voler leurs populations quand ils ne leur proposent pas des régimes fiscaux super alléchants.

Pa rce que les conséquences sont évidentes dans la vie de tous les jour : déficit de la sécu, du système de retraite, pas d’argent pour notre école, notre sécurité, notre santé. Ce qui est en cause c’est l’évasion fiscale.

Parce que le combat des lanceurs d’alerte est le nôtre.

Nous devons défendre leurs droits et leur liberté parce que ce sont les nôtres.

Si nous ne nous en occupons pas, personne ne le fera.

Pour plus d’informations et pour signer la pétition de soutien cliquer ici.