Entreprises : le modèle mafieux

« Au titre de nos responsabilités, nous avons en permanence un pied en prison. » (Mathias Müller, PDG de VW)

 

Samedi 24 mars 2018, une dépêche de l’AFP nous informe que le patron de Volkswagen, Mathias Müller, touche un salaire annuel de dix millions d’euros en 2017, et le trouve tout à fait justifié, compte tenu des risques permanents qu’il court d’aller en prison, en tant que dirigeant de l’entreprise. Il dit, texto : « Au titre de nos responsabilités, nous avons en permanence un pied en prison. »
J’ai relu deux fois la dépêche, je n’en croyais pas mes yeux. D’habitude, les grands patrons justifient leur rémunération en se comparant aux footballeurs, mais là, ils ont compris qu’ils avaient perdu la partie. Mais se comparer aux chefs mafieux, dont la comptabilité provisionne effectivement de l’argent pour couvrir le risque prison, c’est une première. Quel aveu, monsieur Müller… Les mafias provisionnent aussi l’aide aux familles de prisonniers, n’oubliez pas l’aide aux familles, monsieur Müller…
Quand je pense que certains de mes lecteurs trouvent que j’exagère en décrivant le monde des affaires comme un monde de truands, convaincus maintenant ?
Lisez Racket.

Racket, nouvelle vidéo

En attendant la parution de Racket, le 21 mars 2018, voici une version de la vidéo de présentation un peu plus brève.

Racket

À Paris, un géant américain braque un joyau de l'industrie française.
Racket, mon nouveau roman, raconte une histoire de kidnapping, de chantage, d'extorsion, de meurtre. Bref, un hold-up économique.
Ce roman est librement (très librement) inspiré du rachat d'Alstom Énergie par General Electric.

Parution : 21 mars 2018.



Madoff à Bercy

Mon Rêve de Madoff (Allia 2013), long monologue de Madoff en prison racontant sa vie et se rêvant en héros américain est joué au théâtre. Une représentation a eu lieu le 7 juin 2017 au Ministère chargé de l’Economie et des Finances, à Bercy. Splendide auditorium de 150 places environ, plein. Un public qui m’impressionnait. Finalement séduit. La représentation a été filmée et mise à notre disposition par Pace des Arts, l’association culturelle du Ministère.
Vous pouvez le voir ci-dessous ou sur YouTube. Durée: soixante deux minutes.


La non-mixité, nécessité politique


 Quand, en cette fin mai 2017, j'ai entendu évoquer une demande d'interdiction d'un festival afro-feministe, sous prétexte de non-mixité, j'ai réagi à chaud et rédigé ce texte, que Libération a publié sur son site Internet. Il est reproduit ci après.



L’actuelle polémique autour du festival Nyansapo
fait remonter quelques souvenirs de ma vie militante dans les années 70. J’étais en situation de responsabilité à la CFDT, une centrale syndicale alors bien différente de ce qu’elle est aujourd’hui, mais là n’est pas le sujet. Les luttes des femmes montaient dans toute la société française, et la CFDT y participait, avec un engagement très fort de militantes syndicalistes qui rencontraient des oppositions souvent violentes dans leur propre organisation. Il faut rappeler qu’à cette époque (pas si lointaine) la notion d’égalité entre les hommes et les femmes n’allait pas de soi. La pensée chrétienne en la matière n’était pas l’égalité, mais la complémentarité entre hommes et femmes, notion bien différente, et la pensée communiste version PCF et ses voisins considérait la lutte des femmes comme contradictoire ou secondaire par rapport à la lutte des classes.
Pour que la CFDT, pétrie de culture chrétienne, participe à la lutte pour le droit à la contraception et à l’avortement, il a fallu batailler ferme. Et Jeannette Laot, secrétaire générale adjointe de la CFDT a obtenu l’aval des instances dirigeantes quand elle est devenue présidente du MLAC, le mouvement pour la liberté de la contraception et de l’avortement. Elle était elle-même catholique, et l’avortement était contraire à ses convictions religieuses. Mais elle estimait indispensable que le syndicat mène ce combat pour la liberté de choix des femmes. Au nom de la laïcité disait-elle. C’était une époque où ce terme avait une belle couleur de liberté et de tolérance.
La deuxième étape de notre combat fut de créer une commission confédérale travailleuses, très majoritairement féminine, et des sessions de formation et de travail non mixtes. Non mixtes! Que n’avons-nous pas entendu alors! On ne parlait pas encore de communautarisme, mais l’idée de réunir des femmes entre elles, hors de contrôle des hommes, faisait trembler d’horreur des pans entiers de l’organisation. Nous avons maintenu nos propositions, nous avons tenu nos premières sessions non mixtes.
Des sessions de quatre jours, entre femmes, sur nos pratiques syndicales, à la campagne, loin de toute pression. Je ne suis pas près d’oublier cette expérience. La parole mettait toujours du temps à se libérer. Certaines femmes reprenaient d’abord tel que le discours officiel de leur syndicat ou de leur fédération : hommes ou femmes, peu importe, tous unis, il ne faut pas diviser la classe ouvrière. Et puis petit à petit, des témoignages personnels ont commencé à émerger, d’abord sur la violence sexiste des petits chefs contre les ouvrières, dans les usines. Puis sur le silence des délégués syndicaux face à ces faits de violence. Pour finir de façon poignante sur des récits dans lesquels les responsables syndicaux hommes pratiquaient la même violence sur les syndiquées femmes. Constat : les mœurs de la profession déteignaient sur les syndicats. Récits chuchotés au milieu des larmes. Beaucoup de drames personnels, au-delà de ce que nous supposions au départ, et que nous n’avons pas toujours su gérer correctement. Jamais aucun de ces mots ne serait sorti en présence d’hommes.
La nécessité absolue de moments de réflexion et d’échanges à dimensions variables, entre catégories de gens qui se sentent opprimés et en éprouvent le besoin pour libérer leur parole (c’est, semble-t-il, à la lecture de Libé d’aujourd’hui, de séminaires de ce genre qu’il s’agit dans le cadre du festival Nyansapo) me semble une évidence et une liberté incontournables. Femmes, alcooliques anonymes, noirs, arc-en-ciel… à eux de décider. Rien à voir avec les interdictions de l’espace public à tel ou tel groupe (juifs, chinois, noirs…) que nous avons pu connaître à tel ou tel moment de notre histoire. Les réactions de Fdesouche aux séminaires non mixtes de Nyansapo ne me surprennent pas. L’extrême droite non seulement n’a jamais soutenu les libertés, pas plus celles des femmes que de n’importe qui d’autre, mais elle est là simplement dans sa logique raciste, la gestion de son fonds de commerce de suprémacistes blancs. Par contre, la réaction à chaud de la maire de Paris, hier, de demander l’interdiction du festival me paraissait choquante, une décision prise trop rapidement, en cédant à la pression de la doxa dominante, «style Manuel Valls». Elle s’honore en rouvrant le dossier, et en trouvant une solution raisonnable d’ateliers d’échanges et de travail non mixtes dans des locaux privés, et d’une réunion publique dans un local communal ouverte à tous. Raisonnable dans l’immédiat. Reste à voir si désormais les différents mouvements féministes n’auront plus accès aux
locaux municipaux. Un sujet dont on sera peut-être amené à reparler

Tutti colori del giallo, de la Suisse à Palerme



















Festival Tutti i colori del Giallo, du 10 au 13 mai 2017 à Massagno, commune limitrophe de Lugano, sur le lac du même nom. Dans le canton du Tessin, la Suisse italienne. Un paysage superbe. Et une formule de festival originale et dynamique.
Le festival se tient sur quatre soirées consécutives, dans la salle du cinéma Lux (bondée, environ trois cents places). Chaque soirée commence à 18 heures 30 par un entretien entre un animateur et un auteur de polars qui dure entre une heure et une heure et demie. Puis la salle se vide, et l’on passe sous une tente attenante pour l’apéritif dinatoire entre 20 et 21 heures. Pendant se temps, signatures et discussions entre lecteurs et auteur. A 21 heures, séance de cinéma. L’entrée est payante, pas chère, et le buffet franchement excellent. La formule dure depuis treize ans.
Dans cette ville d’assez petite taille, les organisateurs ont su fidéliser un public nombreux, qui prend plaisir à se retrouver dans des soirées conviviales. L’ambiance est franchement formidable, et les échanges intéressants. Mais ce n’est pas tout. Tous les débats sont  filmés, retransmis en direct streaming sur le site et sur la page Facebook du festival et sur YouTube. Voir mon intervention ici
Cette année, innovation supplémentaire ! Massagno a travaillé en duplex avec un cinéma de Palerme, Le Rouge et le Noir. Les débats y étaient retransmis en direct. La dernière soirée a eu lieu à Palerme, sur le même modèle, débat vu en direct en Suisse.
Pour que le prix d’entrée reste peu élevé, le festival travaille avec le partenariat d’entreprises locales qui l’aident à financer le buffet.  Une formule différente de ce que nous faisons en France, et moi, j’ai pris mon pied. Merci à tous les animateurs de Massagno pour les belles soirées qu’ils m’ont offertes.

Le vilain petit polar

J'ai été interviewée il y a quelques semaines par une équipe d'étudiant de l’Université Paris Ouest La Défense (Master Humanités et Industries Créatives). Cette équipe vient de créer un site, Le vilain petit polar, plateforme dédiée à ce genre romanesque.

Ci dessous, mon interrogatoire.

Nos fantastiques années fric - nouvelle édition en italien




Le mani su Parigi, traduction de Nos fantastique années fric, vient d'être réédité en italien par Sellerio Editore et est disponible depuis le 16 mars 2017. Il est possible de le télécharger sous forme d'e-book sur le site de l'éditeur.

Or noir - parution en édition de poche






















Or noir a été publié en édition de poche, chez Folio (Gallimard), en février 2017.

Le rêve de Madoff (à Pantin)















Le rêve de Madoff sera porté en scène le 10 février 2017 à 19H00, à Pantin, au Relais, 61 Rue Victor Hugo. Cette interprétation théâtrale est mise en scène par Jean-Marie Thiedey et interprétée par Jean de Coninck.
La représentation sera suivie d'un débat. Dîner possible sur place.
Pour plus d'informations, cliquer ici.