La non-mixité, nécessité politique


 Quand, en cette fin mai 2017, j'ai entendu évoquer une demande d'interdiction d'un festival afro-feministe, sous prétexte de non-mixité, j'ai réagi à chaud et rédigé ce texte, que Libération a publié sur son site Internet. Il est reproduit ci après.



L’actuelle polémique autour du festival Nyansapo
fait remonter quelques souvenirs de ma vie militante dans les années 70. J’étais en situation de responsabilité à la CFDT, une centrale syndicale alors bien différente de ce qu’elle est aujourd’hui, mais là n’est pas le sujet. Les luttes des femmes montaient dans toute la société française, et la CFDT y participait, avec un engagement très fort de militantes syndicalistes qui rencontraient des oppositions souvent violentes dans leur propre organisation. Il faut rappeler qu’à cette époque (pas si lointaine) la notion d’égalité entre les hommes et les femmes n’allait pas de soi. La pensée chrétienne en la matière n’était pas l’égalité, mais la complémentarité entre hommes et femmes, notion bien différente, et la pensée communiste version PCF et ses voisins considérait la lutte des femmes comme contradictoire ou secondaire par rapport à la lutte des classes.
Pour que la CFDT, pétrie de culture chrétienne, participe à la lutte pour le droit à la contraception et à l’avortement, il a fallu batailler ferme. Et Jeannette Laot, secrétaire générale adjointe de la CFDT a obtenu l’aval des instances dirigeantes quand elle est devenue présidente du MLAC, le mouvement pour la liberté de la contraception et de l’avortement. Elle était elle-même catholique, et l’avortement était contraire à ses convictions religieuses. Mais elle estimait indispensable que le syndicat mène ce combat pour la liberté de choix des femmes. Au nom de la laïcité disait-elle. C’était une époque où ce terme avait une belle couleur de liberté et de tolérance.
La deuxième étape de notre combat fut de créer une commission confédérale travailleuses, très majoritairement féminine, et des sessions de formation et de travail non mixtes. Non mixtes! Que n’avons-nous pas entendu alors! On ne parlait pas encore de communautarisme, mais l’idée de réunir des femmes entre elles, hors de contrôle des hommes, faisait trembler d’horreur des pans entiers de l’organisation. Nous avons maintenu nos propositions, nous avons tenu nos premières sessions non mixtes.
Des sessions de quatre jours, entre femmes, sur nos pratiques syndicales, à la campagne, loin de toute pression. Je ne suis pas près d’oublier cette expérience. La parole mettait toujours du temps à se libérer. Certaines femmes reprenaient d’abord tel que le discours officiel de leur syndicat ou de leur fédération : hommes ou femmes, peu importe, tous unis, il ne faut pas diviser la classe ouvrière. Et puis petit à petit, des témoignages personnels ont commencé à émerger, d’abord sur la violence sexiste des petits chefs contre les ouvrières, dans les usines. Puis sur le silence des délégués syndicaux face à ces faits de violence. Pour finir de façon poignante sur des récits dans lesquels les responsables syndicaux hommes pratiquaient la même violence sur les syndiquées femmes. Constat : les mœurs de la profession déteignaient sur les syndicats. Récits chuchotés au milieu des larmes. Beaucoup de drames personnels, au-delà de ce que nous supposions au départ, et que nous n’avons pas toujours su gérer correctement. Jamais aucun de ces mots ne serait sorti en présence d’hommes.
La nécessité absolue de moments de réflexion et d’échanges à dimensions variables, entre catégories de gens qui se sentent opprimés et en éprouvent le besoin pour libérer leur parole (c’est, semble-t-il, à la lecture de Libé d’aujourd’hui, de séminaires de ce genre qu’il s’agit dans le cadre du festival Nyansapo) me semble une évidence et une liberté incontournables. Femmes, alcooliques anonymes, noirs, arc-en-ciel… à eux de décider. Rien à voir avec les interdictions de l’espace public à tel ou tel groupe (juifs, chinois, noirs…) que nous avons pu connaître à tel ou tel moment de notre histoire. Les réactions de Fdesouche aux séminaires non mixtes de Nyansapo ne me surprennent pas. L’extrême droite non seulement n’a jamais soutenu les libertés, pas plus celles des femmes que de n’importe qui d’autre, mais elle est là simplement dans sa logique raciste, la gestion de son fonds de commerce de suprémacistes blancs. Par contre, la réaction à chaud de la maire de Paris, hier, de demander l’interdiction du festival me paraissait choquante, une décision prise trop rapidement, en cédant à la pression de la doxa dominante, «style Manuel Valls». Elle s’honore en rouvrant le dossier, et en trouvant une solution raisonnable d’ateliers d’échanges et de travail non mixtes dans des locaux privés, et d’une réunion publique dans un local communal ouverte à tous. Raisonnable dans l’immédiat. Reste à voir si désormais les différents mouvements féministes n’auront plus accès aux
locaux municipaux. Un sujet dont on sera peut-être amené à reparler

Tutti colori del giallo, de la Suisse à Palerme



















Festival Tutti i colori del Giallo, du 10 au 13 mai 2017 à Massagno, commune limitrophe de Lugano, sur le lac du même nom. Dans le canton du Tessin, la Suisse italienne. Un paysage superbe. Et une formule de festival originale et dynamique.
Le festival se tient sur quatre soirées consécutives, dans la salle du cinéma Lux (bondée, environ trois cents places). Chaque soirée commence à 18 heures 30 par un entretien entre un animateur et un auteur de polars qui dure entre une heure et une heure et demie. Puis la salle se vide, et l’on passe sous une tente attenante pour l’apéritif dinatoire entre 20 et 21 heures. Pendant se temps, signatures et discussions entre lecteurs et auteur. A 21 heures, séance de cinéma. L’entrée est payante, pas chère, et le buffet franchement excellent. La formule dure depuis treize ans.
Dans cette ville d’assez petite taille, les organisateurs ont su fidéliser un public nombreux, qui prend plaisir à se retrouver dans des soirées conviviales. L’ambiance est franchement formidable, et les échanges intéressants. Mais ce n’est pas tout. Tous les débats sont  filmés, retransmis en direct streaming sur le site et sur la page Facebook du festival et sur YouTube. Voir mon intervention ici
Cette année, innovation supplémentaire ! Massagno a travaillé en duplex avec un cinéma de Palerme, Le Rouge et le Noir. Les débats y étaient retransmis en direct. La dernière soirée a eu lieu à Palerme, sur le même modèle, débat vu en direct en Suisse.
Pour que le prix d’entrée reste peu élevé, le festival travaille avec le partenariat d’entreprises locales qui l’aident à financer le buffet.  Une formule différente de ce que nous faisons en France, et moi, j’ai pris mon pied. Merci à tous les animateurs de Massagno pour les belles soirées qu’ils m’ont offertes.

Le vilain petit polar

J'ai été interviewée il y a quelques semaines par une équipe d'étudiant de l’Université Paris Ouest La Défense (Master Humanités et Industries Créatives). Cette équipe vient de créer un site, Le vilain petit polar, plateforme dédiée à ce genre romanesque.

Ci dessous, mon interrogatoire.

Nos fantastiques années fric - nouvelle édition en italien




Le mani su Parigi, traduction de Nos fantastique années fric, vient d'être réédité en italien par Sellerio Editore et est disponible depuis le 16 mars 2017. Il est possible de le télécharger sous forme d'e-book sur le site de l'éditeur.

Or noir - parution en édition de poche






















Or noir a été publié en édition de poche, chez Folio (Gallimard), en février 2017.

Le rêve de Madoff (à Pantin)















Le rêve de Madoff sera porté en scène le 10 février 2017 à 19H00, à Pantin, au Relais, 61 Rue Victor Hugo. Cette interprétation théâtrale est mise en scène par Jean-Marie Thiedey et interprétée par Jean de Coninck.
La représentation sera suivie d'un débat. Dîner possible sur place.
Pour plus d'informations, cliquer ici.

Scénario noir



























Le festival du film de Rotterdam s'est déroulé du 25 janvier au 5 février 2017. Dans son programme, il y avait une sélection qui rendait hommage au film noir français, avec une forte présence d’Eric Valette (Une affaire d’Etat et Le serpent aux mille coupures) et de Frédéric Schoendoerffer (Agents secrets et Le convoi). Dans une table ronde avec ces deux cinéastes, Olivier Panchol et moi même, nous avons longuement célébré les liens entre la littérature et le cinéma noirs. Mais j’ai été frappée par le constat pessimiste des cinéastes. Ils pensent tous les trois qu’il est de plus en plus difficile de trouver des moyens pour faire un film noir. Producteurs et distributeurs sont frileux, parce que le public et la critique  ne suivraient plus. La discussion est ouverte.

Le crime et la crise












J’ai eu la chance de participer les 2 et 3 décembre derniers à un colloque franco grec organisé par le département de Langue et Littérature Françaises de l’Université Aristote de Thessalonique, Le crime et la crise : Écritures et réécritures de la littérature policière contemporaine.
La problématique du colloque : 
Genre littéraire protéiforme s’adaptant au mieux à l’époque, ou exemple typique de la littérature-paralittérature de masse ? Littérature populaire à haute valeur sociale et politique, ou produit commercial et standardisé de l’industrie du livre ? Littérature focalisée sur le mystère du crime en lui-même, ou sur ses causes ? Littérature en marge du système littéraire, ou bien en son cœur, fruit d’une interaction constante avec les autres genres ? Particulièrement populaire, divisant la critique depuis ses débuts, la littérature policière compte aujourd’hui de fervents supporters au sein même des universités, où elle fait l’objet d’études systématiques (sans que cela signifie pour autant la fin de sa contestation). Le Département de Langue et de Littérature Françaises de l’Université Aristote de Thessalonique a l’ambition, par ce premier colloque international, d’introduire le débat autour de ce genre éminemment populaire dans la sphère académique grecque, en invitant ses auteurs à dialoguer avec les théoriciens et avec le public.
Ce furent deux jours de débats et d’échanges passionnants devant un public de plus d’environ deux cents personnes. On peut lire ici ma contribution à cette rencontre.
C’est le troisième colloque universitaire auquel je participe cette année sur le thème de la littérature policière et noire. Je veux simplement souligner que le roman policier et noir est désormais largement entré dans le champ des études universitaires comme genre littéraire de plein exercice. Il serait temps que nos médias et nos instances culturelles officielles françaises en prennent conscience, et fassent leur « aggiornamento ».

Pourquoi je soutiens les lanceurs d’alerte des Luxleaks














Le 12 décembre 2016 se tiendra au Luxembourg le procès en appel d’Antoine Deltour et Raphaël Halet, les deux lanceurs d’alerte du scandale Luxleaks et Edouard Perrin, le journaliste qui a révélé l’affaire.

A l’issue du premier procès Luxleaks qui s’est tenu, du 26 avril au 4 mai 2016 au Luxembourg, Antoine Deltour et Raphaël Halet ont été condamnés respectivement à 12 et 9 mois de prison avec sursis et 1500 et 1000 euros d’amende. Ils ont annoncé immédiatement leur décision de faire appel. Edouard Perrin a été acquitté mais le parquet luxembourgeois a décidé lui aussi de faire appel. Ils seront tous les trois rejugés.

Je soutiens les lanceurs d'alerte des Luxleaks. 

Parce que les multinationales et les grands groupes financiers sont aujourd’hui à l’attaque.

Parce que face à eux, les Etats sont impuissants ou complices. Ils les laissent spolier et voler leurs populations quand ils ne leur proposent pas des régimes fiscaux super alléchants.

PArce que les conséquences sont évidentes dans la vie de tous les jour : déficit de la sécu, du système de retraite, pas d’argent pour notre école, notre sécurité, notre santé. Ce qui est en cause c’est l’évasion fiscale.

Parce que le combat des lanceurs d’alerte est le nôtre.

Nous devons défendre leurs droits et leur liberté parce que ce sont les nôtres.

Si nous ne nous en occupons pas, personne ne le fera.


Pour plus d'informations et pour signer la pétition de soutien cliquer ici.


Mon Amérique à moi

J'ai accordé un entretien au site Nyctalopes sur le thème Mon Amérique à moi. On peut le lire sur le site d'origine ou ci-dessous.

 

Première prise de conscience d’une attirance pour l’Amérique
Je ne sais pas si c’était pour l’Amérique. J’avais douze ou treize ans, j’ai vu Sur les Quais, de Kazan, je ne me souviens plus dans quelles circonstances car à l’époque j’allais peu au cinéma, et ma famille était franchement franco-française. Je suis tombée amoureuse de Marlon Brando. Amour platonique et durable.

Une image 
 bombe

Un événement marquant
La guerre du Vietnam, incontestablement. J’ai commencé à prendre conscience de la société dans laquelle je vivais à travers la fin de la guerre d’Algérie, que j’ai vécue entre mes 17 et 20 ans. A peine finie cette guerre et l’affrontement avec l’OAS, ici sur le sol français, qui l’a suivie, l’armée américaine intervient massivement au Vietnam. Les bombardiers américains qui déversaient du napalm et des bombes en continu sur le Sud, la tentative de noyer Hanoï au nord en détruisant les digues qui protégeaient la ville, les troupes au sol. Tout ce que la France avait piétiné en Algérie, les droits de l’homme, le droit des peuples à disposer d’eux mêmes, les Américains le laminaient au Vietnam, avec l’accord bienveillant de leurs alliés européens. Et cela n’a pas cessé ensuite. 1973, le coup d’Etat de Pinochet au Chili, organisé par la CIA, l’installation de toutes les dictatures sanglantes de l’Amérique du Sud. Pour moi, deux conséquences : quand j’entends un discours sur les droits de l’homme, je regarde qui le prononce, ce qu’il a fait dans un passé récent. Et je me méfie, avant tout examen, des Etats Unis. (Qui peut écouter sans rire le discours d’Obama à Cuba en 2016 sur les droits de l’homme à portée de canon de Guantanamo ?)

Un roman
LA Confidential de Ellroy. C’est un roman qui a eu une influence sur ma vie. Après l’avoir lu, je le trouvais si « remuant » que j’ai décidé de tenter l’aventure et d’écrire de la fiction.
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Un livre d’essai 
Histoire criminelle des Etats Unis, de Browning et Gerasi, (compte rendu sur mon site). Revisiter sa propre histoire en y intégrant le crime. Un travail avec un regard critique sur sa propre histoire, avec la volonté de mêler démarche historique et réflexion sur l’actualité. Les Européens ne savent pas faire. Pour me faire comprendre : il faudra attendre 1972 et la parution du livre de Paxton ( historien américain) pour avoir le premier livre d’histoire sérieux sur Vichy et la collaboration. En 25 ans les Français n’avaient pas su le faire.

Un auteur
Dos Passos. Le 42° Parallèle puis toute la suite « USA » a été pour moi la découverte de la littérature américaine et m’a certainement influencée sur le plan du style.

Un film
Il y en a des centaines, je suis une fan de cinéma américain. Mais je garde un sentiment particulier pour Vera Cruz, de Aldrich, avec Cooper et Lancaster. Je débarquais à la Sorbonne, pour faire des études de lettres classiques (latin grec). J’allais très rarement au cinéma. Mon entourage m’avait emmenée voir des films genre Bergman, qui m’ennuyaient terriblement, et que je trouvais très inférieurs à la littérature. J’ai eu la chance de tomber dès mes premiers jours de fac sur un étudiant qui m’a emmenée voir à la cinémathèque (à l’époque rue d’Ulm, à côté de la Sorbonne) Vera Cruz, premier film que j’ai vu dans cette auguste salle. Et là, ce fut le coup de foudre. J’ai compris et aimé la puissance de l’image, la puissance du cinéma. J’ai fréquenté la cinémathèque plus assidument que la Sorbonne. Je n’ai jamais revu Vera Cruz, je tiens à garder ce souvenir intact.
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Une série
Sur Ecoute, The Wire, sans hésitation.

Un réalisateur
Orson Welles, s’il faut choisir.

Un disque
Comment choisir ? Tout un monde de jazz. Mingus, Coltrane, Monk…

Un musicien ou un groupe
Ella Fitzgerald, « The Voice ».

Un personnage de fiction
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Au cinéma, pourquoi pas Daniel Plainview, le personnage central de There Will Be Blood, joué par Daniel Day- Lewis m’a marquée. Son acharnement à faire du fric, avec violence et passion. A « mordre dedans ». Avec la religion omniprésente qui traine en arrière fond. En écrivant ces mots, je me remémore aussi Elmer Gantry, le prédicateur joué par Burt Lancaster. La même rage à mordre dedans.
En roman, je citerai volontiers Ned Beaumont, le personnage central de La Clé de Verre de Hammett, que j’aime pour son ambiguïté : le redresseur de torts est un joueur professionnel, au passé lourd, qui part en séduisant la femme de l’homme qui l’a engagé et qui est son ami, lui même personnage très ambigu.

Un personnage historique
Edgard Hoover. Directeur du FBI de 1924 à 1972, jusqu’à sa mort. (A coté de lui les potentats africains sont de petits joueurs). L’homme le plus puissant des Etats Unis au 20° siècle. Il a profondément marqué le système politique américain en tolérant les mafias, en les associant même à l’exercice du pouvoir au plus haut niveau, et en pratiquant très largement l’infiltration, la provocation et l’assassinat politiques contre tous les opposants hors du bi-partisme.

Une personnalité actuelle
Edward Snowden. Ce que l’Amérique a de meilleur. Et qu’elle n’aime pas.
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Une ville, une région
Isola, la ville du 87° district d’Ed McBain.

Un souvenir, une anecdote
Mon premier voyage dans une université américaine. C’était Wellesley College, de la Ivy League, près de Boston et du MIT. J’étais invitée à intervenir dans un séminaire sur les systèmes de protection sociale, étude comparée. A l’époque,  j’enseignais à Vincennes, constructions en Algéco, misère, improvisation, pagaie et génie. J’arrive dans un cadre à couper le souffle, espaces verts splendides, bâtiments magnifiques, musée privé, étudiantes à vélo sur les dizaines d’hectares du domaine. La première question que me posent les organisateurs quand j’arrive : Vous avez bien pris votre robe du soir n’est ce pas, pour la soirée inaugurale de ce soir ? Et quand l’épineuse question de la robe du soir fut réglée tant bien que mal, les organisateurs me proposèrent de venir avec eux me détendre à la piscine de la fac. Je n’avais pas non plus pensé à prendre mon maillot de bain.

Le meilleur de l’Amérique
Sa culture. Le cinéma, la littérature, à chaud sur l’actualité. La musique. Des créateurs au dynamisme fascinant.

Le pire de l’Amérique
Sa culture. Le racisme, le Ku Klux Klan, l’ultra protestantisme, le créationnisme, la violence, les milices, la tolérance au meurtre, tout ce fond très enraciné depuis les premiers colons, qui constitue la base très solide de nombreux hommes politiques américains dont Trump n’est que la dernière résurgence. Un fond qui semble ne pas évoluer.

Un vœu, une envie, une phrase. 
Mon hommage : ils ont admirablement compris l’importance du « soft power ». Et ils le pratiquent de façon extrêmement intelligente. Comparez l’attitude de la France en 1918 (l’Allemagne paiera) et celle des Etats Unis en 1945 : Plan Marshall et interdiction sur le continent européen de toute entrave à la pénétration du cinéma américain. Le cinéma est leur meilleure arme, ils le savent. Il a su transformer le génocide des Indiens en épopée des temps modernes. Il peut tout faire.

Propos recueillis par mail le 30 novembre par Wollanup.