Cauchemar














Nous vivons un cauchemar dont Volkswagen est le nom. De ces cauchemars qui ne sont pas des anéantissements violents comme les naufrages en Méditerranée, mais qui nous entraînent dans des chutes lentes vers une destruction inéluctable.
Cauchemar quand nous avons appris la création par la firme d’un logiciel truqueur qui permettait de contourner les normes de pollution imposées aux constructeurs automobiles. Ce fut un rappel brutal : Une entreprise capitaliste n’a qu’une seule logique, celle du profit financier à court terme. Interrogation : la lutte contre le réchauffement climatique dans les faits, pas dans les mots, est elle possible dans un système où les grandes entreprises ont pris le pouvoir ?
Cauchemar : les institutions européennes réagissent en relevant les normes d’émissions de gaz polluants, de façon que les producteurs automobiles ne soient plus inquiétés. To big to fall. L’Europe impuissante aux mains des lobbies, comme d’habitude.
Cauchemar : les Américains réagissent selon leur logique habituelle en affaires, le racket. Le droit du plus fort. Ils imposent à Volkswagen une amende de 5000 $ à verser à chaque propriétaire d’un véhicule Volkswagen truqué. Mais ce ne sont pas les propriétaires de ces voitures qui sont mis en danger,  ce sont les habitants du monde entier, victimes du changement climatique que Volkswagen s’emploie à accélérer.  On indemnise les pollueurs et on se moque comme d'une guigne des pollués. Les États-Unis, les plus gros pollueurs mondiaux par tête d’habitant, ne pouvaient pas dire de façon plus claire qu’ils n’en ont rien à foutre du climat, pourvu que le dollar circule et que la justice américaine régule le monde.
Et bien sûr, l’Allemagne et l’Europe vont se coucher, comme d’habitude. Pas de réduction de la dette grecque, mais versements d’amendes pharamineuses à répétition vers les États-Unis. Vous avez dit racket ?