Enfin, le crime paie

Ainsi, Eurostat recommande aux Etats européens d’intégrer dans leur PIB l’argent de la prostitution, de la drogue etc… Le problème n’est déjà plus : va-t-on le faire ? Mais : comment le faire ? Eurostat a déjà rédigé tout un protocole pour ceux qui ne sauraient pas s’y prendre. Voir le texte ici (Cela vaut vraiment la lecture).
Cette intégration du crime permettrait de doper la croissance, paraît-il, au moins en apparence. L’Italie le fait déjà, l’Angleterre aussi, et chez nous, quelques hommes politiques très bien pensants et UMP soutiennent la mesure, mais qu’on se rassure, ils continuent à prôner l’emprisonnement des petits dealers et consommateurs de drogues diverses. Peut être ne rapportent ils pas assez ?
Je dois dire que, malgré tout ce que j’ai écrit sur le crime comme rouage de la machine de l’ordre social, et non comme aberration exogène, je ne m’attendais pas à une légitimation aussi ouverte et aussi rapide des grandes machines criminelles.
Au même moment, l’amende infligée à la BNP par la justice américaine est l’application stricte de la loi du plus fort, la loi de l’Ouest, le revolver sur la tempe.
J’adore les commentateurs français qui parlent de l’indépendance de la justice américaine. Les juges de New York sont élus. Les élections approchent. Les banques depuis la crise des subprimes sont mal vues des Américains, et n’ont pas été sanctionnées. Sanctionner une banque sera populaire, et si elle est étrangère, ce sera tout bénéfice : 10 milliards de dollars de profit pour l’économie américaine et l’élimination d’un concurrent étranger bien implanté en Iran au moment où le gouvernement américain s’apprête à lever l’embargo sur ce pays. Une décision prise en toute indépendance, évidemment.
Une seule conclusion : si je veux rester dans le coup, il va falloir sacrément muscler mes romans. Je risque d’avoir quelque retard sur Eurostat et les juges de New York.