BIEN VU, MONSIEUR FORD

Lu dans les toilettes d'un bon restaurant chinois de Belleville (Le Pacifique), cette autocollant plutôt stimulant :

"C'est une chance que les gens de la Nation ne comprennent pas notre système bancaire, car si tel était le cas, il y aurait une RÉVOLUTION avant demain matin"
Henry Ford

Il s'agit du Ford qui fonda les usines du même nom au début du XX° siècle.

CERCLE POLAR

A l'occasion de la sortie de Bien connu des services de police, j'ai été invitée à une discussion avec Michel Abescat, Martine Laval et Christine Ferniot.
A écouter sur la radio de Télérama, émission Le cercle polar

AUTOUR DE L'ADAPTATION AUDIOVISUELLE


9 février 2010 : journée de séminaire organisée par la Société des Gens de Lettres et le Conservatoire Européen d’Ecriture Audiovisuelle, sur l’adaptation audiovisuelle des œuvres littéraires. La SGDL et le Conservatoire Européen d’Ecriture Audiovisuelle publieront certainement des compte rendus des débats, dont j’indiquerai la référence, dès que je l’aurai.
D'ici là, quelques remarques.

Il y avait beaucoup de monde à l’Hôtel de Massa, siège de la SGDL. Je dirais près de 200 personnes, dont beaucoup d’étudiants en fin d’études au CEEA. Et pas mal de professionnels.
Une tonalité irénique dans les interventions. « Le langage audiovisuel a sa logique "artistique" propre. On passe d’un mode d’expression à un autre, on adapte une œuvre littéraire parce qu’on l’aime, c’est une rencontre, on se sent en phase avec, feeling, ne pas dénaturer, trahir etc… » Personne ne parle d’industrie, d’investissement, de rentabilité… Toutes les références sont françaises, plus télévisuelles que cinématographiques. J’en suis surprise.

Pour moi, un auteur, lorsqu’il publie un livre, cesse d’en être le propriétaire. Chacun est libre de le lire à sa façon, de l’interpréter comme il l’entend, et un réalisateur de cinéma qui adapte un livre fait à son tour œuvre créatrice originale.

Le livre, lui, demeure, inchangé. Prêt à de nouvelles lectures, et de nouvelles interprétations.

J’ai eu le sentiment d’être assez isolée sur cette position. Sujet dont nous reparlerons certainement dans les mois qui viennent.

FICTION ET HISTOIRE

J’ai été invitée à participer à l’émission de télévision Des mots de minuit de Philippe Lefait. Elle devrait être diffusée dans la nuit du mercredi 10 au jeudi 11 février, à 0H35, sur France 2.

L’enregistrement a eu lieu le mercredi 3 février dans la soirée. Une soirée merveilleuse, parce qu’elle a été pour moi l’occasion de rencontrer Claude Parent, l’architecte. Une vraie rencontre, avec échanges et complicité spontanée. Et rendez vous a été pris pour prolonger ce moment de grâce : le lundi 8 mars, à 19 heures, à la Cité de l’architecture, nous ferons une conférence commune sur la ville, un architecte, un écrivain, que du bonheur en perspective.

Autre moment de plaisir, les questions précises, documentées de Philippe Lefait m’ont amenée à préciser la façon dont je voyais les rapports entre Histoire et fiction un thème qui revient très souvent dans les rencontres avec les lecteurs, sous la forme : Pourquoi êtes vous passée de l’Histoire à la fiction ?

Réponse : Parce que j’ai la conviction que le roman est bien plus puissant que l’essai historique.
Si l’essai historique fait appel à la preuve, au fait établi, et à la raison, le roman, lui, attrape le lecteur, le fait vivre avec les personnages, dans l’émotion et la sensation. C’est une expérience qui laisse au lecteur des traces autrement plus fortes.

Dans mon travail, j’utilise très largement les études historiques. Quand j’ai choisi le sujet de mon roman, le « moment » auquel se déroule l’histoire, je commence toujours par lire des travaux d’historiens, des journaux de l’époque, des témoignages divers. Puis je construis le « cadre historique » de mon récit. Je choisis les faits historiques que je conserve, ceux que j’élimine, mais sans jamais trafiquer ceux que je garde. Il m’arrive de garder des personnages qui ont réellement existé, Mitterrand dans plusieurs de mes romans, Lafond dans Le Corps Noir, d’autres encore, mais toujours comme des personnages très secondaires, la couleur locale en quelque sorte, et ils ont toujours dit ou fait ce que je leur fais dire ou faire. Scrupules d’historienne, on ne se refait pas. Une fois ce cadre construit « à ma main », je passe à la fiction, j’invente totalement mes personnages. Je travaille, là encore, sur une masse de documents, de témoignages, de rencontres, mais en toute liberté, aux antipodes d’un roman à clés. Je sélectionne, je coupe, je condense, je recrée, je déplace, j’invente, tous les moyens de l’écriture romanesque, pour faire plus vrai que vrai, pour embarquer le lecteur, tenter de le toucher au cœur et à l’estomac, de le faire vivre lui même, à la première personne, ce qui se passe dans le livre. Et le faire vivre dans les lieux de l’action, pour faire écho à la discussion avec Claude Parent.

L’écriture romanesque est un lieu de liberté. Bien d’autres démarches sont possibles. Ce qui me semble important, c’est la maîtrise qu’en a l’auteur.

SIGNATURE









BIEN CONNU DES SERVICES DE POLICE



Le commissariat de Panteuil, banlieue nord de Paris, future incarnation de la « nouvelle politique de sécurité » du ministre de l’Intérieur ? C’est en tout cas ce que souhaite sa commissaire en cette année 2005. Ce haut fonctionnaire policier ne manque pas d’ambitions : sa politique de maintien de l’ordre dans les quartiers, radicale, théorisée, doit servir les objectifs du ministre et, en passant, sa propre carrière.
Ses hommes, sur le terrain s’y emploient à leur manière. Ils font comme ils peuvent, survivent comme ils peuvent, donnent des gages à la hiérarchie, s’arrangent avec les faits, avec les statistiques, avec les règles - ils font le métier, quoi ! - dans un climat de tension, de violence et de mensonge, avec la population, avec les « jeunes », avec les autres.
Noria Ghozali, commandant aux Renseignements Généraux, observe avec intérêt la vie et les soubresauts de ce commissariat, et notamment les contacts qui sont noués – sans doute pour la bonne marche des enquêtes - entre certains policiers et certains grands voyous. Et puis, soudainement, des squats, peuplés de travailleurs immigrés, brûlent.

TRADUCTION


Le Corps Noir a été traduit en italien. Il est publié par Marco Tropea Editore
Sortie en librairie le 14 janvier 2010.