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A Quimper, une librairie et deux libraires, toutes les trois merveilleuses : Le Bistro à Lire, rue des Boucheries. Trois ou quatre fois par an, elles organisent des « nuits noires » , des promenades nocturnes dans Quimper, ponctuées de lectures. Toujours très fréquentées.
En janvier 2006, c'était mon tour. Dans le choix des lectures, les libraires et le lecteur avaient d'abord joué sur le décalage : une scène de réception mondaine devant un mur décrépi au pied d'un HLM, une scène de «guerre urbaine» dans un champ, et une scène de cul au pied de la chapelle de l'ancien grand séminaire. Les textes que j'entendais m'apparaissaient encore plus étrangers que d'habitude. A peine si je les reconnaissais. Et puis, dernière station : le stade de foot de Quimper, éclairé a giorno, toute l'équipe sur le terrain à l'entraînement, et lecture de la scène du match de foot truqué de Kop au micro où sont habituellement commentés les matchs officiels. C'était surprenant, et un peu émouvant. Le décalage naissait, cette fois ci, de l'adéquation totale et inattendue du texte et du lieu. Après cela, la discussion s'est engagée très facilement avec les participants à la marche nocturne, dans le club house du stade, et s'est prolongée jusque très tard dans la nuit. Il existait entre nous une forme de familiarité.
Le métier de libraire est infiniment complexe, varié, avec une touche d'apostolat. Merci les filles.
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