Festival de Beaune 2016





Or Noir vient d’obtenir le grand prix du roman noir du festival international du film policier de Beaune.
Ce prix, décerné dans le cadre du Festival international du film policier, me marque sans doute plus qu’un autre. Parce que, dans mes années de jeunesse et de formation, le cinéma a beaucoup compté, et je suis sûre qu’il compte encore dans la façon dont je conçois et j’écris mes romans. J’ai découvert le cinéma en arrivant à la Sorbonne, pour faire mes études en 1960. La cinémathèque était alors rue d’Ulm, à deux pas de la fac, et je crois y avoir passé plus de temps que dans les amphithéâtres. Cette découverte de la puissance de l’image animée, je la dois aux westerns de l’époque et aux films noirs américains des années 40 et 50. Il y a des images qui me resteront toujours,  le sourire carré de Burt Lancaster dans Vera Cruz, le tueur de la femme à abattre et son reflet, les miroirs de la dame de Shanghai, le chat et le visage du troisième homme sous son porche, et tant, tant d’autres. Aussi, quand j’ai commencé à écrire des romans, j’ai tout naturellement commencé par visualiser une scène avant de l’écrire (parfois même en noir et blanc), et je continue toujours à le faire. C’est par le film noir que je suis venue au roman noir. Et je trouve dans les films et les romans noirs que j’aime les mêmes qualités de style, dont je m’efforce de m’inspirer : concision, densité, clarté, rythme… Avec ce prix, je me dis que j’y parviens peut être parfois et c’est ce que j’ai dit lors de la remise de ce prix pour remercier le jury.